Les assassins ont-ils plus de chaussures

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par Helmut Ton, paru le mercredi 8 février 2017

Dans le cadre des recherches qu’elle effectue pour tenter de sauver le monde Ann O’Neem mène une analyse du profil type des assassins. Or, le rapport des assassins avec les chaussures serait un indice clef pour les déceler de façon précoce


LES DONNÉES DE DÉPART

«On a tendance à étudier les statistiques à l’envers » explique Ann O’Neem, « c'est-à-dire qu’on regarde une cause et une conséquence et on conclut alors que la conséquence est en rapport avec la cause probable ; cette fois-ci j’ai travaillé à l’envers».

En Australie, Ann O’Neem a donc pu avoir les idées retournées et les chiffres lui ont sauté aux yeux d’eux-mêmes : d’après les données dont je dispose, les assassins disposaient en moyenne d’un nombre de chaussures plus élevées que le commun des mortels (notamment leurs victimes).


 Une quête insatiable

L’avis du psychologue Barto Soumpçion qui s’est joint à l’étude d’Ann O’Neem confirme qu’il est évident qu’une personne en perte de confiance en soi, désespérée, va chercher à acheter un nombre incommensurable de chaussures, bien qu’il s’agisse d’une quête insatiable, qu’on pourrait interpréter comme une tentative de se raccrocher à la terre, au sol, pour ne pas perdre racine et décoller dans une monde perdu, ou d’ôter la vie de ceux qui sont encore rattachés au sol.

UNE CHAUSSURE ESSEULÉE, SANS PAIRE.

« Le pire » constate t-il « ce sont les personnes qui conservent chez elles des chaussures même esseulées* » qui seraient le symbole le plus probant d’une perte de repères et à même de commettre l’irréparable.


 Le nombre d’assassinats est anormalement élevé

La chaussure serait, d’autre part, une métaphore vivante de la vie avec ses couleurs bariolées, ses textures, l’image de l’habillement qui seyait si bien à Cendrillon avant qu’elle ne redevienne une citrouille puante. Pourtant, sur certaines îles ou l’on marche majoritairement pieds-nus, le nombre d’assassinats est anormalement élevé, ce qui contredirait l’observation. « Le nombre de chaussures est un facteur, pas nécessairement une cause » temporise Ann O’Neem.


 Les talons aiguille particulièrement dangereux

C'est que dans le profil type joue aussi le sexe du criminel. 99% des assassins femmes portaient des chaussures lors du passage à l'acte, on peut donc affirmer que chez les femmes du profil type de tueuse le passage à l'acte se fait avec des chaussures, et c'est évidemment particulièrement douloureux lorsqu'on se prend un coup de talon aiguille.

Paule Igone, qui est mise à jour régulièrement des recherches opérées autour d’elle, qu’il s’agisse de démarches scientifiques ou psychosociales, a évoqué la possibilité de préparer un projet de loi pour détecter à temps sur simple dénonciation, les personnes qui auraient plongé dans le chaos d’une obsession de la chaussure.

La journaliste ex-espionne s’est toutefois bien gardée de donner un nombre de chaussures au-delà duquel une personne pourrait être potentiellement considérée comme un assassin en devenir.


*sauf dans le cas d’unijambistes ou siamois triplés.

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Helmut Ton

Directeur de la Rédaction

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