Air Lune, la compagnie spatiale qui se moque de vous

Superblog / potins

par Justine Arnacq, paru le vendredi 12 juin 2009

emaine dernière, le voyage spatial ALU7441 est contraint de revenir se poser de toute urgence, après 15 heures de vol, parce qu’un grave incendie s’est déclenché sur la navette prototype Ionos Probos. 17 mai 2009, un module de guidage grille alors que la navette Helios Scorpio se trouve sur la Lune. Fin février dernier, à la suite d’une erreur de calcul, une navette Lunaire frôle de peu la catastrophe en percutant l’atmosphère. Fin janvier, de retour de la Lune, la navette Helios Scorpio (encore !) est endommagée par un orage et se déroute sur Pau. Un hublot a pris feu et certaines plaques de la navette sont fissurées. Passagers intoxiqués, retards inexpliqués, anomalies gérées à la va-vite, présence à bord d’animaux interdits, bagages de vols précédents non récupérés oubliés à bord, météorites qui endommagent une navette en vol, problèmes techniques à répétition, la réalité des quelques 80 voyages Lunaires réalisés à ce jour donne des sueurs froides sur la capacité de la compagnie spatiale à gérer l’exploitation de ses lignes. Bien qu’exhibant fièrement le défi technologique de ses vols spatiaux et son succès commercial, dans une conquête agressive de nouveaux marchés, c’est dans des conditions bien sombres et douteuses que ses passagers embarquent. La compagnie de transport, tout comme la firme qui construit les navettes spatiales, est emmenée par Machine Lapholle, une pseudo-scientifique de plus en plus âgée qui ose semble t-il bafouer tous les standards élémentaires à la sécurité et au principe de précaution.

En dehors de la désorganisation dont fait preuve son personnel à Cullignargues, pour accueillir les passagers ou gérer les réservations, du manque de considération de son service client (on se souvient de Nicole Picole, oubliée sur la Lune, qu’Air Lune n’avait réussi à recaser sur un vol retour que 15 jours plus tard, en lui demandant de payer un nouveau billet…), on peut se demander si Air Lune a d’autres vocations que d’amasser le maximum d’argent avec la vente de ses voyages Lunaires (Air Lune vend ses vols 50000 euros lorsqu’ils ne lui en coûtent que 20000 !).

Les navettes Lunaires sont loin d’être sûres. Les deux premiers exemplaires ont été détruits dans des accidents bien mystérieux. La disparition puis le crash du prototype Starbus Original se sont produits dans des circonstances étranges. La perte en vol de la navette Eltanin Draconis avait mis en lumière des défauts dans la structure, dans les systèmes, et des problèmes de résistance et de solidité des plaques céramiques qui constituent le fuselage. Ce n’est que sur les modèles suivants, améliorés, que les plaques ont été produites avec un nouvel alliage. La navette Adeos Polder, accidentée dans les Antilles pour la démonstration d’un carburant à base de banane, et qui, réparée depuis, multiplie les incidents, a été construite avec les premières plaques. Elle enchaîne pourtant les vols, sans qu’aucune garantie de solidité ni de résistance à la fatigue n’existe. Ses réacteurs, des Rolls-Royce d’occasion récupérés en 2005 sur un avion accidenté au Kenya, font un bruit épouvantable au décollage, qui a été à l’origine d’une pétition lancée par les habitants de Cullignargues l’an dernier. Selon des commentaires de passagers, à bord, les moquettes se détachent, l’escalier est déformé, certains plastiques ont commencé à fondre sous les 80°C qu’atteint la cabine lors de chaque rentrée dans l’atmosphère, des éléments de la douche ont rouillé. La navette cargo Nunki, qui transporte des denrées et des pièces pour les futures bases Lunaires, construite sur les mêmes plans, n’a pas l’air plus sûre.
Bien que le constructeur des navettes, Sciensolutions, a proposé dès 2006 le modèle Alveole 120, les anciens modèles volent toujours. Equipées des nouvelles plaques en céramique, de réacteurs neufs, d’une structure améliorée, les navettes Alveole transportent quant à elles plus de passagers, dans le même volume, grâce à l’ajout d’une porte de secours, soit dit en passant aux dimensions ridicules. C’est à se demander si un énorme pot de vin n’a pas été offert aux autorités de certification pour qu’elles acceptent cette idée.

Quant au personnel d’Air Lune, rares sont les passagers qui les ont appréciés. Sur la plupart des vols, l’équipage était « arrogant, peu aimable », et dès que le repas avait été servi, il disparaissait. Les passagers ont parfois été livrés à eux-mêmes en apesanteur pendant 10, 20 heures, obligés d’aller chercher par leurs propres moyens chercher des boissons, des collations, lorsqu’ils n’étaient pas malades à cause des plateaux repas indigestes, ou de la température trop froide. Sur la base Lunaire, le personnel s’en limite au strict minimum, pas de sourire. On se souvient aussi de l’affaire du crocodile vert en peluche, dans laquelle l’équipage avait violemment expulsé une étudiante Britannique, qui par peur, s’était réfugiée sous l’aile de la navette, empêchant le décollage.

C’est donc dans des conditions rocambolesques que les passagers d’Air Lune voyagent au quotidien. Au mépris le plus total des sommes versées par ses passagers, s’ajoute le manque de considération du personnel pour sa tâche. Le remplissage continu des navettes tient surtout au fait que les passagers spatiaux sont peu informés de l’expérience de leurs prédécesseurs et que c’est une clientèle renouvelée qui embarque pour la Lune. Pour preuve, la carte de fidélisation d’Air Lune n’a encore été souscrite par aucun voyageur.

A ce triste tableau, les vols interterrestres d’Air Lune ne sont pas en reste. Avec des retards qui atteignent régulièrement plus de deux heures, les passagers ne savent plus à quoi s’attendre. En découvrant les avions, dont le plus jeune a 22 ans et le plus vieux 42, ils ne se préoccupent plus du service à bord déplorable ou inexistant. Heureusement les prix sont bas, mais on se rend vite compte de leur répercussion sur la qualité des pilotes, qui laisse perplexe, pilotes loués à des PME locales, tel Air Balloon 3000, ou Perigord Jet Service voire parfois à des compagnies en cessation de paiement (comme Coyote Aviation). Le record de cette filiale aérienne d’Air Lune a été de réussir à perdre l’ensemble des bagages des 172 passagers du vol Cullignargues – Paris du 1er avril dernier : par une erreur de container, toutes les valises des passagers ont été jetées à la poubelle pendant que des sachets de détritus étaient déversés sur les tapis à bagages ! Les passagers avaient d’abord cru à un poisson d’avril...

Finalement, on peut conclure que le seul talent d’Air Lune réside dans ses services commerciaux et communication, puisqu’ils parviennent à minimiser systématiquement les déboires, en reportant la responsabilité des problèmes sur les passagers ou en la fatalité, tout en explosant les records des marges opérationnelles de toute l’histoire des transports.


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Justine Arnacq

Ancienne Responsable Juridique

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MACTRILLIAN Je vais vous faire part de mon mécontentement sur les vols Air Lune. Je devais partir sur la Lune au début du mois de décembre dernier. J'avais cassé ma tirelire pour m'offrir ce voyage, le tout m'a coûté plus de 45000 euros et je ne suis qu'étudiante anglaise à Erasmus en france. On m'a refusé à bord à cause de ma peluche, et Air Lune n'a varimant pas eu un comportement commercial avec moi. Ils m'ont permis de voler une semaine plus tard, mais je me suis retrouvée sur la navette Adeos Polder. l'enfer a commencé 5 minutes après le départ et a perduré jusqu'à notre retour. Des problèmes de pression m'ont fait très mal aux oreilles. L'équipage s'est caché dans le poste de pilotage pendant tout le voyage, il n'est réapparu qu'une heure avant l'alunissage pour vérifier que les ceintures étaient attchées. C'est là qu'un drame s'est produit, on nous a annoncé que le système de guidage de la navette fonctionnait mal. Nous avons interrompu la procédure de descente sur la Lune et sommes retournés en orbite, le pilote nous a dit:le temps de faire des calculs ! La plupart des passagers pleuraient. Finalement, nous avons recommencé à descendre et fait un atterrissage très brutal. Pendant le choc, les masques à oxygène sont tombés et les lumières se sont éteintes. Les pneus avaient tous crevé. Nous avons encore attendu trois heures à bord, avant que la navette ne puisse se docker à la base Moonone, parceque les batteries avaient du se casser et qu'il fallait attendre le lever du soleil pour que les panneaux solaires nous permettent de rouler jusqu'à la base. Heureusmeent, le séjour sur la Lune était bien. Mais au retour, on nous a placé sur la navette Ionos, qui n'est meme pas référencée, et qui était peinte en blanc et bleu, sans titres ni logo, c'est parceque c'est un prototype qu'air lune s'était permis de bricoler pour nous recevoir nous pauvres passagers! Le vol a été plus ou moins acceptable, le nouvel équipage était plus sympa, mais la douche ne fonctionnait pas et il n'y avait que des sandwiches, rien de chaud, pendant 24 heures ! Le pire a été la rentrée dans l'atmosphère, j'ai vraiment cru mourir, tout le monde criait, il a fait très chaud, mon mp3 a fondu (ben oui, le système audio d'air lune était en panne !) et j'ai à nouveau eu très mal aux oreilles pendant l'atterrissage. Plus jamais je ne revolerai vers l'espace, en plus mes lettres de réclamation pour remboursement restent sans réponse et c'est le seul endroit que j'ai trouvé pour me plaindre. J'espere que le Daily City relaiera.



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